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Le Club de Protection de l'Environnement

CPE Le Crès

La pollution numérique

 

La pollution numérique

Visionner un film, faire une recherche sur Google, envoyer un e-mail et les stocker dans une boîte mails, utiliser un objet connecté…Toutes ces actions nécessitent une activité numérique qui demande beaucoup d’énergie et émet des gaz à effet de serre, responsables du changement climatique. C’est ce que l’on appelle la pollution numérique.

Le secteur du numérique représente aujourd’hui environ 2% des émissions de gaz à effet de serre (GES) au niveau mondial, c’est à peu près l’équivalent des émissions du secteur de l’aviation civile. Un chiffre qui devrait doubler d’ici à 2020 si aucun changement n’a lieu.

Parmi les acteurs de cette pollution numérique, on retrouve :

-        Les data centers. Ces centres de stockage de données ne cessent d’accroître leur volume d’informations collectées (big data) et de ce fait leur consommation en énergie pour les stocker et les traiter augmente également. Certaines entreprises mettent en place des solutions plus respectueuses de l’environnement en alimentant leurs data centers par des énergies renouvelables par exemple.    

-       Les fabricants de matériaux : Pour fabriquer un ordinateur par exemple, il faut compter 16 fois son poids en matériaux.  Et le ratio est parfois beaucoup plus important sur certains composants, ce qui entraîne une augmentation de l’épuisement des ressources, de la pollution de la terre, de l’air et des eaux. Une des solutions envisagées est d’augmenter la durée de vie des produits informatiques.   

-       Les logiciels : via la consommation nécessaire pour les faire fonctionner. La solution la plus pertinente est donc de réduire la consommation que nécessitent les logiciels et de penser à désinstaller tous les logiciels non utilisés.

Quelques chiffres :

Pour fabriquer un ordinateur il faut :

-240 kg de combustibles fossiles (charbon pétrole… )

 +22 produits chimiques

+1,5 tonne d’eau (pour extraire les matériaux.)

=La consommation annuelle de 7 appareils pendant 2 ans !

 

La consommation  annuelle d’un français :

  • 350 kWh (kilowattheure)
  • 200 kg de gaz à effet de serre
  • 3 000 litres d’eau

La consommation mondiale de streaming vidéo (VoD, clips musicaux, etc.) émet chaque année 300 millions de tonnes de CO. Une pollution numérique équivalente à celle d’un pays comme l’Espagne.

Cette empreinte carbone est gonflée par l'utilisation importante d'énergies fossiles (gaz et charbon) pour alimenter les centres de données. Si de plus en plus d'entreprises s'engagent vers une énergie 100 % renouvelable, certaines entreprises (Amazon, Netflix, Pinterest, Twitter) sont encore à la traîne !

 

Tous cela fait énorme ! Alors voici quelques conseils pour moins polluer :

Pour agir en faveur d’un Internet plus respectueux de la planète, voici deux propositions d’action qui peuvent faire la différence.

1. Allonger la durée de vie des équipements informatiques

Les fabricants de terminaux informatiques (ordinateurs, tablettes, smartphone, téléviseurs) misent sur l’obsolescence de leurs produits pour nous encourager à en racheter de nouveaux. Les techniques sont connues : fragilité des objets, coût exorbitant des réparations, indisponibilité des pièces détachées, marketing agressif, etc. Voici quelques conseils pour déjouer ces pièges :

  • Ne cédez pas aux sirènes de la publicité. Tant que votre appareil fonctionne, pas besoin d’en acheter un nouveau. Peut-être qu’un nouveau smartphone vient de sortir, plus beau, plus puissant, plus “cool”, mais en avez-vous vraiment besoin ?
  • Si votre appareil est cassé, essayez de le réparer. Il est peut-être encore sous garantie (même les appareils reconditionnés ont une garantie, renseignez-vous). Autrement, et si la réparation est trop chère, vous pouvez l’apporter à un repair café, où l’on vous accompagnera (gratuitement) pour réparer votre objet.
  • Achetez d’occasion et "low-tech" si vous n’avez aucun autre choix que l’achat. Privilégiez les appareils reconditionnés (moins chers et moins polluants), et choisissez des produits dont la consommation énergétique est la plus faible possible.

Des associations comme HOP (Halte à l’Obsolescence Programmée) agissent pour contraindre les entreprises du secteur à faciliter ces bonnes pratiques. N’hésitez pas à suivre leurs actions et à les soutenir.

2. Attention aux vidéos en ligne !

Pour limiter la pollution numérique, la première question à se poser est : “ai-je vraiment envie de regarder cette vidéo ?”. Si la réponse est oui, voici quelques conseils :

  • Préférez le téléchargement au streaming vidéo lorsque c’est possible. Pour écouter de la musique, privilégiez la musique téléchargée ou éventuellement les plateformes de streaming audio, plutôt que de regarder un clip sur une plateforme de streaming comme Youtube.
  • Évitez à tout prix la 4G pour lire des vidéos. La 4G consomme 23 fois plus d’énergie (et donc émet d’autant plus de gaz à effet de serre) que le WIFI. Si vous êtes chez vous, activez la connexion wifi de votre smartphone avant de surfer.
  • Visionnez les films en basse définition (ex : une résolution de 360 p pour un écran d’ordinateur de 13 pouces). Cela permet d’économiser de la bande passante, et donc de l'énergie. Plus votre écran est grand, plus une haute résolution sera nécessaire. Refusez les téléviseurs 4K et 8K, technologies encore plus énergivores et prédatrices en matières premières.
  • Bloquez la lecture automatique sur les réseaux sociaux. Sur Facebook, comme sur Youtube, il est possible de désactiver la lecture automatique des vidéos. Ces réseaux cherchent à vous faire regarder le plus de vidéos possible, sans votre consentement explicite. Vous pouvez reprendre le pouvoir. Pensez également à la résolution sur Youtube (144 p dès que possible)

Si le sujet vous intéresse, l’association The Shift Project a publié un rapport complet sur le sujet, ainsi qu'une courte vidéo d'explication.

Si vous faites déjà tout cela contre la pollution numérique...

Voici quelques idées supplémentaires pour celles et ceux qui veulent aller encore plus loin pour limiter la pollution numérique :

  • Refusez les “objets connectés”. Avez-vous vraiment besoin d’un assistant virtuel pour vous aider à éteindre la lumière ou allumer la radio ? D’un réfrigérateur connecté qui vous envoie un email lorsque vous n’avez plus de tofu ? Ces objets, eux-aussi, ont un coût écologique élevé. Ils font aussi peser des risques importants sur votre vie privée.
  • Éteignez votre box internet la nuit et durant vos absences. Ces appareils consomment beaucoup d’électricité, même lorsque vous n’êtes pas en train d’utiliser internet. Leur consommation annuelle se situe entre 150 et 300 kWh, soit autant qu’un grand réfrigérateur !
  • Faites régulièrement le ménage dans vos emails, en priorité ceux contenant des pièces-jointes, pour éviter tout stockage inutile dans des centres de données. Cleanfox est un outil qui vous accompagne dans ce tri, et vous propose de vous désinscrire des newsletters que vous ne lisez plus. Évitez également d’envoyer des pièces-jointes lourdes à de nombreux destinataires
  • Ne stockez que le strict nécessaire sur le cloud, et désactivez la synchronisation avec votre smartphone. Contrairement aux apparences, vos données ne sont pas stockées sur un “nuage” (le fameux cloud), mais dans des data centers, ces centres informatiques énergivores.
  • Lutter contre les écrans vidéos publicitaires qui envahissent nos villes. En 2018, il y avait un million de ces écrans en France, générant chacun 350 kg de CO par an. Soit l’équivalent d’un million d’allers-retours Paris-Nice en avion chaque année. Des collectifs existent déjà à Lyon ou à Paris, n’hésitez pas à les contacter pour qu’ils vous aident à monter votre propre campagne.

 

Voici un lien pour compléter l'article :

https://www.youtube.com/watch?v=jvu2jJqB5LU

 

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